La délégation de pouvoir de pouvoir consiste à céder sa voix, son pouvoir de décision à une minorité ; à accepter que celle-ci exerce le pouvoir et décide à notre place. A l’opposé, nous pensons que la seule démocratie réelle consiste en la démocratie des égaux, la démocratie directe où les décisions sont prises par l’ensemble des travailleuses et travailleurs librement associés.
Nous refusons la mascarade électorale et la délégation de pouvoir parce que nous savons qu’il est possible d’organiser la société autrement et que la transformation passe par d’autres moyens. La délégation de pouvoir de pouvoir consiste à céder sa voix, son pouvoir de décision à une minorité ; à accepter que celle-ci exerce le pouvoir et décide à notre place. Où est le « pouvoir du peuple » dans une telle mascarade ? Le seul « pouvoir » qui nous est alors laissé par les classes dominantes c’est celui de nous taire et d’obéir à des lois qui nous oppriment, et ce ironie du sort, en notre nom !
A l’opposé, nous pensons que la seule démocratie réelle consiste en la démocratie des égaux, la démocratie directe où les décisions sont prises par l’ensemble des travailleuses et travailleurs librement associés. Elle consiste en l’expropriation des actionnaires et le patronat et en la gestion directe de l’économie, pour la mettre au service de la collectivité et des besoins réels des travailleuses et travailleurs. Elle consiste à virer les politicien-ne-s et les patron-ne-s pour prendre les décisions collectives dans le cadre d’assemblées de quartier et d’entreprises, fédérées entre elles comme l’ont fait les Espagnols en 36-39 et comme ont essayé de le faire les Argentins lors de la crise de 2001 (plus de 200 usines récupérées et gérées directement par les travailleurs, sans patrons). A pratiquer le mandatement impératif et révocable à tout moment, quand cela est nécessaire. A pratiquer la rotation des mandats. A prendre les décisions collectivement plutôt qu’à confier à une personne le pouvoir de décider à notre place. A garder un contrôle permanent sur les mandats pour conserver notre pouvoir de décsion et garantir que les mandatés ne dépassent pas leurs mandats, définis collectivement.
Pour cela, il nous faut reprendre aux dirigeants quels qu’ils soient (patron-ne-s, politcien-ne-s...) la parole, le contrôle sur nos vies, sur l’économie et l’ogranisation de la société. Refuser toutes hiérarchies et travailler à nous en débarasser, pour que le mot « égalité » ait enfin son sens réel. Pour cela, il faut nous saisir des luttes sociales, pour reprendre à nos exploiteurs ce qu’ils nous volent : le produit de notre travail et notre pouvoir de décision. C’est au travers de ces luttes (sur les lieux de travail, de logement...) au moyen de notre action directe (grève, boycott, occupation...) sans intermédiaires élus ou autoproclamés et grâce aux pratiques d’entraide que nous construisons au quotidien (coopératives, lieux autogérés, comités de voisins...) que nous créerons les éléments d’une rupture avec l’ordre inégalitaire qui nous est imposé.
En tant qu’anarchistes, nous savons que les élections laissent intactes l’essentiel de la domination et de l’oppression dans cette société. Nous savons que la bourgeoisie se contrefout de la couleur politique de ses valets. Ceux-ci ne sont que des pantins qui servent ses intérêts. Seule la méthode change. Nous refusons de déléguer notre pouvoir de décider à des spécialistes élus ou autoproclamés, qui prétendent tous « mieux » nous représenter, mais qui au fond ne serviront que leur propre intérêt, celui des classes dominantes, d’une minorité au pouvoir.
Le pouvoir et tous ceux qui y aspirent ont beau jeu de présenter les abstentionnistes comme des personnes qui se désintéressent de la politique, des questions qui touchent à la gestion de la société. Pour leur part, c’est parce qu’ils refusent de s’abstenir de donner notre avis, de décider, de lutter et de reprendre le contrôle de leur vie au quotidien que les anarchistes s’abstiennent lors des élections.
Les élections ont pour fonction de canaliser la colère sociale issue d’une système fondé sur la domination et la contrainte. Elles servent à légitimer un pouvoir qui nous contraint toutes et tous au nom d’une prétendue « souveraineté du peuple ». Au nom de celle-ci les politiciens nous confisquent la parole, mais aussi notre pouvoir de décision.
A l’opposé, nous pensons que c’est au quotidien, dans les rapports de force que nous créons face au pouvoir que nous posons les jalons d’une transformation révolutionnaire de la société. Chaque fois que nous luttons par nous-mêmes, face aux patrons, face à l’Etat ou à n’importe lequel de nos exploiteurs, nous contribuons à créer les conditions d’une transformation révolutionnaire. Chaque fois que nous créons des solidarités avec d’autres exploité-e-s, nous sommes plus forts, parce que ce qui nous maintient les femmes et les hommes qui nous gouvernent et nous exploitent au pouvoir.
Chaque lutte porte en elle les germes de rupture avec l’ordre établi dès lors qu’elle est menée par les exploité-e-s de manière autonome, hors des récupérations et des instrumentalisations politiciennes des aspirant-e-s au pouvoir. Chaque nouvelle rupture ouvre la voie à un pas supplémentaire vers la transformation révolutionnaire de la société, quand nous prenons conscience de notre force collective, quand nous laissons tomber le fatalisme pour lutter ensemble, quand nous ne nous satifaisons pas de ce que nous obtenons mais que nous nous appuyons sur les victoires partielles obtenues pour en construire d’autres, jusqu’à récupérer totalement ce qu’on nous vole. Le pire cauchemar des femmes et des hommes qui nous gouvernent et nous dominent, c’est que nous sortions de la résignation dans laquelle ils veulent nous enfermer.
Pour cela, il nous faut prendre en main directement nos vies et passer de la participation électorale ou de l’abstention passive à l’abstention active : agissons directement et sans attendre ! Seul-e-s face à l’urne ou chez soi, nous perdons. Uni-e-s dans la lutte, en préservant celle-ci loin des appétits politiciens, nous nous donnons les moyens de gagner !