C’est en 1850 que parait « L’Anarchie,
journal de l’ordre » que l’on peut
considérer comme le premier périodique
anarchiste dirrigé, rédigé et fi -
nancé par Anselme Bellegarrigue. Dans
ce premier numéro (faute de moyens,
seuls deux numéros sortiront des presses),
l’auteur lance son manifeste de
l’anarchie qui seule peut assurer l’ordre
et l’égalité, alors que les gouvernements
n’amènent que désordre et inégalité.De
la primauté de la liberté individuelle à
son dégoût des partis politiques et de
ses représentants, on assiste à une
mise en pièce de la démocratie représentative
et du système électoral.
L’auteur nous explique en quoi le citoyen
est perdant dans ce système représentatif et
quels en sont les dangers, du point de vue des libertés individuelles et des
intérêts de chaque citoyen. Ce manifeste étant le premier de ce qui devait
être un journal mensuel, le fond et la forme s’allient pour éclairer le lecteur
sur ce que peut, et devrait selon Bellegarrigue, être un modèle de société
sans pouvoir central.
La seconde partie du livre,« Au fait, au fait !! Interprétation de l’idée de démocratie
», contient un texte de 1848 dans lequel Bellegarrigue nous donne
son point de vue sur la gouvernance. Moins théorique et plus acide que
dans la première partie du livre, Bellegarrigue démontre que pour lui, les
ennemis du peuple sont les ambitieux qui veulent le dirriger, qu’ils soient
monarchistes, républicains ou socialistes ou même religieux. Selon lui, la
seule possibilité de liberté vient de l’autogestion.
Même si les textes ont plus de 150 ans, même si le raisonnement est parfois
très théorique , on ne peut qu’apprécier l’acuité de la critique presque
toujours d’actualité. Son individualisme exacerbé peut directement se
rapprocher à celui de Max Stirner, des anarchistes individualistes ou des
libertariens.
Anselme Bellegarrigue, Manifeste de l’anarchie, suivi de Au fait, au fait !! Interprétation
de l’idée démocratique, Instinct de liberté Lux, 2010.