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Accueil du site > ARTICLES > Petit argumentaire pour en finir avec le développement durable
Article publié le 6 juin 2009.

L’aggravation de la crise contraint certains à de cruelles remises en cause - concernant notamment le dogme de la croissance économique et l’infaillibilité du marché - en incitent d’autres à des stratégies d’opportunisme et à de sinistres manoeuvres.

L’aggravation de la crise contraint certains à de cruelles remises en cause - concernant notamment le dogme de la croissance économique et l’infaillibilité du marché - en incitent d’autres à des stratégies d’opportunisme et à de sinistres manoeuvres. Mais le plus grand nombre demeure encore aveugle, hermétique. Le discours majoritaire reste celui du développement durable. Il importe donc de démonter les « arguments » de cette offensive idéologique et de porter la réflexion dans tous les milieux possibles afin d’inverser le rapport de forces en faveur du projet le plus cohérent : une décroissance libertaire.

Il faut savoir qu’une proportion non négligeable des partisans eux-mêmes du développement durable ne s’illusionne aucunement sur la pertinence de leur choix. Le bilan qu’ils dressent est des plus moroses : « résultats mitigés », « évaluations approximatives », « programmes a minima », « bilan désastreux ». Ils reconnaissent que tout et n’importe quoi est appelé aujourd’hui développement durable, jusqu’aux livrets de caisse d’épargne. Ils constatent que tous les milieux s’approprient cette notion, ce créneau porteur : après les militants par conviction, les politiques par opportunisme, les industriels par intérêt. Ils admettent que le succès du développement durable tient beaucoup à ses ambiguïtés et à sa prétention à concilier croissance économique et respect de la nature, c’est-à-dire à concilier l’inconciliable. Ils décrivent le décalage grandissant entre un discours – politiquement correct – et une réalité de plus en plus sombre.

Effectivement, le développement durable, c’est finalement, après des dizaines de conférences et de sommets, des objectifs dérisoires, aucun engagement quantifiable, des effets d’annonce pour se donner bonne conscience ; c’est l’occasion aussi, pour certains, de récupérer une manne financière, européenne ou nationale. C’est la perspective de polluer moins...pour polluer plus longtemps. Bref, le développement durable, c’est : beaucoup d’économie, une pincée d’environnement, un zeste de social. C’est le masque idéologique du « libéralisme ».

Tenant lieu de discours hégémonique sur l’environnement, le developpement durable se contente de pallier les défauts trop visibles du système, les prétendus « dysfonctionnements », accréditant l’idée qu’une moralisation du système suffira. Se limitant à la seule gestion environnementale, il renforce le poids de l’expertise technocratique dans la politique. Parce que la protection de l’environnement a toujours été, du point de vue des dirigeants, un business, le développement durable ne peut pas procéder à la critique des rapports de production, de l’organisation de l’économie. Il assure le triomphe du « capitalisme vert ».

Il importe donc d’analyser les arguments avancés par les idéologues en question – ou du moins certains de leurs principes, car ce mouvement est loin d’être limpide et homogène. De la bouillie véhiculée par une littérature pléthorique, six arguments principaux ont été retenus.

1 - Dématérialiser l’économie.

L’argument consiste à soutenir que ce sont les flux de matières premières et d’énergie qui contribuent à la dégradation de la planète. Il suffirait donc de découpler la croissance des activités économiques de celle des flux de matières premières et d’énergie ; autrement dit, assurer une croissance « autre », « éco », « propre » ou « verte ». Développer les services plutôt que les biens, et transformer les modes de production grâce aux technologies de l’information et de la communication. L’analyse paraît séduisante, les partisans du développement durable « oublient » seulement :

- qu’il n’y a pas d’investissement immatériel pur. S’il est incontestable que, en deux siècles, la part de l’emploi dans le tertiaire (en France) est passée de 15 % à 70 %, il reste que même les services et les technologies nouvelles utilisent des matières premières et de l’énergie. A noter que l’INSEE classe dans les services nombre d’activités énergivores ou dévoreuses d’espace, à commencer par les transports, ce qui est proprement stupide et scandaleux. La seule fabrication d’un ordinateur consomme par exemple 1,8 tonnes de matériaux, dont 240 kilos d’énergie fossile et 22 kg de produits chimiques, auxquels il faut ajouter toute l’infrastructure mise en place pour la distribution d’énergie. Par ailleurs, un ordinateur n’est plus performant au bout de trois ans, et une partie de ses composants n’est pas recyclable. Autre exemple, une puce de deux grammes a besoin de 1,7 kilo d’énergie ainsi que d’une énorme quantité d’eau.

Naviguer sur Internet, ce n’est pas se déconnecter du monde réel, c’est utiliser les infrastructures de l’ensemble du réseau informatique mondial. Des serveurs : on estime à 35 millions le nombre de serveurs en service sur la planète en 2008. Des « datacenters » (centres de bases de données) : un datacenter moyen consomme aujourd’hui près de quatre mégawatts par heure, soit l’équivalent énergétique de près de 3000 foyers. Des câbles transocéaniques : 480 000 km de câble (c’est-à-dire de l’acier, , du bitume, de la technologie de très haute qualité) ont été posés au fond des océans pour transférer nos données – onze fois le tour de la Terre !

- que la base matérielle et énergétique de la prétendue économie de la connaissance postindustrielle a été massivement transférée vers les pays dits émergents, et que le tiers monde nous sert de décharge.

- que les multinationales continueront à fabriquer le plus de biens possible, parce que c’est leur intérêt, c’est le pouvoir économique qui décide, c’est la nature même du capitalisme : croître ou disparaître.

- que d’ici à 2050, environ deux milliards et demi d’individus vont arriver, et qui ne mangeront peut-être pas que des cartes à puces ; c’est-à-dire que vont se multiplier des besoins nouveaux (alimentation, vêtements, habitat, chauffage, transport, loisirs…).

La conclusion, c’est que cette prétendue dématérialisation ne concernera jamais qu’une part dérisoire de l’activité humaine.

2 - Améliorer l’efficacité énergétique.

Il faut quatre à cinq fois moins de terres pour produire un quintal de blé qu’il y a un siècle, quatre fois moins d’essence pour faire fonctionner un CV de puissance de moteur qu’il y a vingt-cinq ans, deux fois moins d’énergie pour chauffer un m2 de bâtiment qu’il y a trente ans. Grâce à ce qu’on appelle l’éco-efficience – c’est-à-dire une rationalité technique – on peut diminuer la quantité de ressources nécessaires pour produire un objet. Le problème, c’est que parallèlement on multiplie le nombre d’objets. Des progrès substantiels ont été obtenus avec des carburants moins sales, des moteurs plus efficaces, des véhicules moins polluants. Mais, dans le même temps, l’augmentation du nombre de véhicules, l’allongement des distances parcourues, la sophistication des équipements (dont la climatisation) ont largement anéanti les gains issus des progrès technologiques. La généralisation de l’informatique devait engendrer une réduction de la consommation de papier, et ainsi préserver les forêts. Or la consommation de papier continue à augmenter parce que l’exigence d’un travail parfait multiplie le nombre de documents reproduits. C’est ce qu’on appelle l’effet rebond.

De même, les opérations de tri sélectif se multiplient, mais parallèlement, le rythme d’augmentation des déchets ménagers, en France, est de 1 % par an. Les technologies efficaces incitent à l’augmentation de la consommation : les ampoules dépensent moins d’électricité, on les laisse allumées ; et les fabricants créent sans scrupules un véritable marché avec les illuminations extérieures de Noël.

On constate clairement que, malgré les progrès techniques, la consommation continue globalement d’augmenter. Il faut en déduire que l’argument n’est pas non plus pertinent.

3 - Substituer des techniques aux services rendus par la nature.

La nature fournit en effet non seulement des récoltes, des fibres, des ressources génétiques, des molécules végétales, de l’eau, mais des mécanismes de régulation. Or l’accélération de la société industrielle épuise les ressources et compromet gravement l’équilibre des écosystèmes. Il s’agirait donc de remplacer des fonctions naturelles qui ne seraient plus possibles, par des techniques. En d’autres termes, remplacer du capital naturel par du capital construit ; remplacer des ressources épuisées par des équipements, des connaissances et des compétences.

Des solutions techniques sont certes envisageables (certaines sont déjà en place, par exemple pour l’épuration de l’air ou de l’eau). Mais ces solutions resteront marginales, parce que c’est un leurre que de vouloir imiter la nature. Souvenons-nous aussi que nos experts devaient trouver, il y a quarante ans, une solution au stockage des déchets radio-actifs ! La biodiversité stimule la production de la masse végétale, a un effet stabilisateur sur le fonctionnement des écosystèmes, fournit un potentiel d’adaptation à de nouvelles conditions d’environnement. Or les systèmes biologiques possèdent un ensemble de caractéristiques qui limitent fortement les possibilités de substitution : l’irréversibilité (chaque espèce est le produit d’une histoire unique qui n’est pas reproductible), la complexité, qui entraîne des effets indirects à long terme ; l’évolution et l’adaptation permanente des espèces ( ex : l’acquisition de la résistance des bactéries aux antibiotiques ou l’émergence de nouvelles maladies). Comment assurerons-nous la pollinisation quand les abeilles auront disparu ? Comme les Chinois ? Alors qu’une ruche peut polliniser jusqu’à trois millions de fleurs par jour, un ouvrier agricole ne pollinisera qu’une trentaine de poiriers dans le même temps.

Plusieurs remarques s’imposent : le recours à la technique consiste à remplacer un service naturel – donc gratuit – par un service marchand (on comprend d’ailleurs mieux l’acharnement de certains quand on sait que la protection de l’environnement génère, selon l’Institut français de l’environnement, une activité économique évaluée à 35,2 milliards d’euros en 2005). Il trahit, d’autre part, cette volonté de puissance, ces dangereux fantasmes de maîtrise de la nature, cette croyance en une science et une technique toutes-puissantes qui permettraient d’acquérir une connaissance et un contrôle absolu sur la nature, cette foi quasi-religieuse dans le progrès.

Le recours à la technique permet aussi de se focaliser sur les seules conséquences, et donc d’éviter de devoir identifier les causes des phénomènes, c’est-à-dire qu’il permet d’évacuer la dimension politique des atteintes à l’environnement. Il multiplie, en outre, les risques liés à la technique – risques technologiques majeurs – les effets imprévisibles et dommageables à court, moyen et long terme.

Il faut se souvenir, à ce sujet, de l’appel de Heidelberg, lancé par des scientifiques (dont Claude Allègre et Haroun Tazieff), qui s’inquiétaient de « l’émergence d’une idéologie irrationnelle à l’aube du XXIe siècle ». Le message était clair : il n’y a pas de problèmes environnementaux. Il faut aussi se souvenir de l’hostilité exprimée conjointement par l’Académie de médecine et l’Académie des sciences à l’égard du principe de précaution qui serait « contre le progrès », mais qui a surtout l’énorme inconvénient de contrarier les intérêts des industriels.

Par ailleurs, cette conception suppose qu’il est possible de fournir une évaluation monétaire des biens naturels, c’est-à-dire qu’elle introduit les mécanismes du marché dans la gestion écologique de la planète, qu’elle sous-entend la privatisation des éléments indispensables à la vie. Le protocole de Kyoto, par exemple, entérine la mise en place d’un marché des permis d’émission de gaz à effet de serre qui institue des droits d’usage de l’environnement différents selon la richesse des individus, des entreprises, des Etats.

La séquestration du carbone constitue un excellent exemple de cette démarche. Le captage et le stockage de carbone sont censés réduire l’impact des combustibles fossiles sur le climat en conservant le CO2 émis par les centrales thermiques afin de le stocker dans le sous-sol. Or l’avenir n’est pas aussi radieux. En mars 2007, le coût prévu du prototype qui devait voir le jour dans l’Illinois avait doublé pour s’établir à 1,8 milliard de dollars dont 74 % aurait été payé par l’Etat américain. En mai 2008, deux multinationales abandonnent un projet en Australie, reconnaissant qu’il n’y a pas de garantie que les roches puissent stocker le CO2 de façon hermétique.

Selon le GIEC, pour éviter les pires effets du changement climatique, les émissions devraient commencer à baisser d’ici 2015 à 50 % des niveaux de 1990. Or les centrales ne seront pas prêtes à temps pour le captage du carbone. Voici donc une technique qui n’est pas encore au point, dont l’efficacité économique et la sécurité sont douteuses, et qui prolonge notre dépendance au combustible fossile en concurrençant financièrement les énergies renouvelables. Est-il étonnant qu’une technique qui évite la remise en cause d’un modèle de développement ait la faveur des industriels et des gouvernements ?

4 – Appliquer le principe pollueur-payeur.

C’est-à-dire s’assurer que les prix reflètent les coûts réels, pour la société, des activités de consommation et de production, et que les pollueurs paient pour les dommages qu’ils occasionnent à la santé humaine et à l’environnement. Or on sait que l’agriculture intensive, qui pollue l’eau et absorbe 70 % des ressources mondiales, ne verse que des sommes symboliques au regard de celles acquittées par les industriels et les ménages.

D’autre part, la mondialisation implique une dilution des responsabilités qui rend difficile, voire interdit, de juger les vrais fautifs d’une marée noire par exemple causée par un navire sous pavillon libérien et concerné par cinq ou six nationalités différentes (le jugement intervenant, en général, au bout de 15 ou 20 ans, et se soldant par une amende dérisoire – ce qui n’est pas le cas pour un jeune maghrébin voleur de mobylettes). Aucun dirigeant n’a jamais été condamné pour les pluies acides, pas plus que pour les retombées radioactives de Tchernobyl ou d’ailleurs). Et la grande majorité des dégazages en mer n’est pas identifiée. Cherche-t-on, en outre, à ce qu’elle le soit ?

D’une manière générale, l’éco-fiscalité, destinée à modifier des comportements vers plus de respect environnemental, et qui peut être soit dissuasive soit incitative, évolue vers un « droit à polluer » ; elle empêche donc toute réflexion, toute remise en cause d’un modèle de développement. Ce sont toujours les dysfonctionnements, les imperfections du système qui sont tenus pour responsables des dommages, jamais la logique du marché elle-même. Enfin, un dernier point : alors que la majorité des dégradations environnementales est commise par les firmes privées, près de 65 % des dépenses de protection proviennent, en France, de l’Etat, confirmant le vieux principe de privatisation des bénéfices et de socialisation des pertes.

5 - Responsabiliser les entreprises.

La recherche effrénée du profit dans le cadre de la mondialisation, et plus particulièrement l’exigence d’un rendement de 15 % pour les actionnaires depuis les années 80-90, ont incité les entreprises à réduire leurs coûts sociaux (licenciements, délocalisations, précarité, flexibilité...) et environnementaux (surexploitation des ressources, externalisation de certains coûts, dont la pollution). Ces excès risquant d’aboutir à des sanctions (juridiques, économiques), voire à un point de rupture (écologique ou social), une réaction s’opère, à la fois demande de la société, exigence du marché, nécessité pour les entreprises, vers une plus grande prise en compte de la qualité de la vie, de l’environnement, de l’épanouissement personnel, du social...). L’idée commence à se répandre que les entreprises ont des comptes à rendre sur la façon dont elles se conduisent.

Le patronat serait-il donc prêt à faire la révolution ? Pas tout à fait. Si une partie des dirigeants reconnaît l’importance des problèmes écologiques, les trois causes principales sont, à leurs yeux, la surpopulation, une déficience au plan de la gouvernance (c’est-à-dire une carence des Etats) et un manque de clairvoyance de la part des consommateurs dans leurs choix. La consommation à outrance entretenue par les entreprises, fondement même du capitalisme, n’aurait donc aucune incidence ! « L’enfer, c’est les autres », disait Jean-Paul Sartre. Il ne s’agit donc, en aucun cas, de remettre en cause frontalement le fonctionnement de l’économie de marché. Il s’agit seulement de l’intérêt bien compris des entreprises pour permettre leur valorisation, l’amélioration de l’image, de la réputation des milieux d’affaires, pour générer davantage de revenus, de plus-values. D’ailleurs, une bonne appréciation de la part d’une agence de notation leur offrira les faveurs d’un investisseur.

Il n’y aurait donc plus d’intérêts contradictoires, de rapports de forces, encore moins de lutte de classes, mais une harmonie à atteindre, un partenariat à construire. Ce qui se met en place, c’est une « bonne » gouvernance, qui conduit à remplacer les normes juridiques (décidées par le pouvoir) par des normes techniques (créées par des intérêts privés) : codes de conduite, chartes éthiques, labels, normes comptables privées...

On assiste à une privatisation de la production du droit, à un droit sans obligations, ou de simples déclarations d’intention suffisent – du moins pour les puissants, pas pour les simples citoyens qui, eux, subissent un contrôle social et une répression de plus en plus sévères. Le Global Compact, structure créée par l’ONU, et fruit d’un intense lobbying des multinationales, est composé d’engagements volontaires non contraignants, rédigés de manière vague, sans référence aux conventions de l’Organisation Internationale du Travail, et il n’existe aucun système de vérification. L’intégrité morale bien connue des patrons constitue sans doute un gage suffisant pour faire respecter le salaire minimum, la limitation du temps de travail ou les règles de sécurité ! Les Nations Unies ont autorisé, par exemple, les multinationales Nike et Shell, à adhérer au Global Compact, alors qu’elles violent régulièrement leurs propres codes de conduite et les normes sociales et environnementales.

6 – Impliquer les citoyens dans la prise de décision.

De nombreux textes sont censés favoriser cette implication. La convention d’Aahrus notamment porte sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement. En supposant que l’intention soit louable, les faits, eux, sont têtus. On peut lire, dans « Le développement durable » de François Mancebo : « la concertation avec les habitants, si elle est inscrite dans les textes et valorisée dans les discours, est singulièrement réduite dans la réalité ». Dans la plupart des projets, le dernier mot revient, dans l’urgence, aux élus ou au groupe d’intérêt le plus organisé. Les moyens les plus courants pour décourager les bonnes volontés : tronçonner les enquêtes publiques par portions d’ouvrages pour ne pas discuter de la pertinence globale du projet, bloquer l’accès à l’information, utiliser un langage technique peu abordable par le profane. Là encore, il s’agit d’un leurre.

Si le caractère illusoire des principes ne suffisait pas à discréditer le développement durable, on pourrait y ajouter les résultats calamiteux obtenus depuis vingt ans, et les déclarations cyniques de nombreux dirigeants tels que Louis Schweitzer : « Le développement durable n’est ni une utopie ni même une contestation, mais la condition de survie de l’économie de marché ». C’est bien ce qu’on avait cru comprendre !

[Jean-Pierre Tertrais], dans « Le Monde libertaire », hebdomadaire de la Fédération anarchiste, du 30 avril au 6 mai 2009.

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