Par la volonté du pape Benoît XVI, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X vient d’être réintégrée au sein de l’Eglise catholique. Fondée en 1970 par Monseigneur Lefebvre (1905-1991), cette « fraternité » représente le courant intégriste catholique le plus réactionnaire. De « droite national-catholique », il est proche des idéologies fascistes et a de nombreux contacts avec l’extrême droite contemporaine. Dossier inédit de RésistanceS.be dans la galaxie intégriste catholique.

Monseigneur Marcel Lefebvre, leader des intégristes nationaux-catholiques.
La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) est le résultat d’une réaction oppositionnelle virulente au Concile de Vatican II (1962 à 1965). Ce concile exceptionnel avait adapté les principes et les pratiques religieuses à l’époque moderne. En réaction, une mouvance traditionaliste va immédiatement s’organiser et refuser les nouvelles orientations du Vatican. Dès 1970, la FSSPX voit le jour. Et se développera, à partir de la Suisse, où elle a installé son fief central.
En 1988, Monseigneur Lefebvre, son dirigeant-fondateur, est excommunié par le pape Jean-Paul II, avec quatre de ses « lieutenants », après l’ordination de prêtres de façon non conforme avec les règles religieuses en vigueur. Depuis, devenus dissidents, les lefebvristes agissaient en-dehors de l’église catholique officielle.
Proches sur le plan idéologique des formes autoritaristes étatiques, les lefebvristes se sont alliés à l’extrême droite et à l’ultradroite conservatrices. En France et en Belgique, plusieurs disciples et dirigeants de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ont rejoint les rangs du Front national. Des élus frontistes belges, un député fédéral de 1995 à 1999 par exemple, proviendront de ladite « Fraternité ».
Franco, Salazar, Pétain...
Son corpus politico-religieux partage des principes et des valeurs avec la droite extrême. Rejetant catégoriquement l’oecuménisme, le lefebvrisme considère le catholicisme comme la seule véritable religion. Les autres – le judaisme, l’islam, le protestantisme... - sont rangés dans la catégorie des « fausses religions ». Leurs adeptes doivent donc être convertis. Un par un. Comme à l’époque de l’Inquisition. La torture en moins pour les récalcitrants ? C’est à voir...
Revendiquant la création d’Etats théocratiques, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X prend pour modèles historiques les dictatures de type national-catholique qui règnèrent en Espagne sous Franco, au Portugal sous Salazar et en France sous Pétain.
Aujourd’hui, dans un but unificateur et après des négociations secrètes de plusieurs années, le Vatican, sur la volonté du pape Benoît XVI, réintègre ce courant incarnant l’extrême droite catholique pure et dure. Selon plusieurs observateurs, la FSSPX pourrait désormais devenir une « prélature personnelle » du pape, comme l’est déjà l’Opus Dei, un autre mouvement catholique réactionnaire, intégriste, conservateur et rétrograde. Ainsi, Benoît XVI aura des alliés de taille pour mener les nouvelles croisades de l’Eglise catholique.
Un dossier inédit de RésistanceS.be
Ce retour dans le giron vaticaniste de la FSSPX donne l’occasion à RésistanceS.be de vous proposer un dossier, réalisé par Manuel Abramowicz, sur ce mouvement politico-religieux intégriste national-catholique, de 1970 à nos jours. Ce dossier vous permettra :
de savoir ce qu’est réellement le « lefebvrisme »
de mieux comprendre les « tentacules » et le corpus politico-religieux de la FSSPX
de rappeler ses liens hérités de la collaboration pronazie durant la Deuxième Guerre mondiale
de démontrer ses connexions idéologiques avec l’extrême droite politique, en France et en Belgique
de présenter le hit-parade de ses plus « belles » citations politiques et religieuses.
RésistanceS.be vous souhaite une très bonne lecture de ce nouveau dossier.
[La rédaction]
CARTE D’IDENTITE DE LA FRATERNITE SACERDOTALE SAINT-PIE X
Date officielle de fondation : 1er novembre 1970
Lieu de fondation : Ecône (Suisse)
Fondateur : Monseigneur Marcel Lefebvre (1905-1991)
Siège international : Ecône (Suisse)
Initiales : FSSPX
Appartenance religieuse d’origine : le catholicisme romain
Excommunié par le Vatican en 1998
Saint Pie X, le modèle religieux de la FSSPX.
Orientation religieuse :
Catholicisme traditionaliste se voulant fidèle au Vatican. Malgré l’excommunication de son fondateur en 1988, elle reconnaît l’autorité du pape, contrairement à d’autres groupes intégristes. Son objectif est sa réintégration dans l’Eglise catholique.
Liturgie, rites et pratiques :
La Fraternité est fidèle aux « rites de la Tradition ». Les prêtres et les religieuses doivent respecter les coutumes vestimentaires traditionalistes : longue soutane, col romain… La messe, exclusivement dite en latin, se fait dos aux fidèles. Les exercices spirituels sont ceux de Saint-Ignace de Loyola.
Opposition religieuse :
Elle s’oppose aux réformes religieuses d’adaptation au monde moderne apportées par le Concile de Vatican II (1962 et 1965). Opposition inconditionnelle à l’oecuménisme. A l’instar des groupes sectaires intégristes ne reconnaissant pas l’autorité de Rome, la FSSPX considère toutes les autres religions (protestantisme, judaïsme, islam…) comme étant des « fausses religions » (sic). La franc-maçonnerie est également prise pour cible par la Fraternité lefebvriste, comme le communisme et le capitalisme international.
Implantations géographiques :
La FSSPX serait, selon ses propres sources, présente en 2009 dans plus de 63 pays. Les principaux districts nationaux (implantations) se trouvent en France, en Suisse, en Grande-Bretagne, en Irlande, en Allemagne, en Belgique, en Pologne, en Italie, aux Etats-Unis, au Canada, au Japon et en Australie. La FSSPX est également présente dans des pays du Tiers-monde.
Nombre de fidèles :
Les chiffres lefebvristes affirment que la FSSPX rassemblerait dans le monde 600.000 fidèles, dont 100.000 en France. Mais d’autres sources évoqueraient en réalité un nombre bien inférieur : entre 100.000 à 150.000 personnes dans le monde . En comparaison, l’Opus Dei (un autre mouvement politico-religieux traditionaliste, reconnu et proche du pape Jean-Paul II) regrouperait, selon le quotidien « Le Soir » du 21 décembre 2001, 82.000 membres et 1.600 prêtres.
Nombres de prêtres et d’infrastructures :
En 2006, la FSSPX avait officiellement 463 prêtres. Ses séminaristes étaient au nombre de 215. Dans le monde, il y a plus de 450 lieux de culte lefebvriste. La formation de ses futurs cadres étant une priorité, la FSSPX a ouvert 86 écoles privées et deux instituts universitaires. Elle dirige encore cinq maisons de retraites.
Médias lefebvristes :
Presse écrite
Dans la plupart des pays où elle bénéficie d’un district (une implantation nationale), la FSSPX édite (ou a édité) des journaux et des bulletins de type paroissiaux. Quelques exemples : « Controverses » (siège : Bulle, en Suisse), « Nouvelles de Chrétienté » (ex- « Bulletin Saint Jean-Eudes », Caen, France)… Ceux-ci sont complétés par des périodiques thématiques : « Lettre à nos frères prêtres » (sous-titre : « Lettre trimestrielle de liaison de la Fraternité Saint-Pie X avec le clergé de France »), « Lettre aux amis et bienfaiteurs » (édition par implantation géographique), « Le Croisé » (revue de la Croisade eucharistique, France), « Savoir et Servir » (publication du Mouvement de la jeunesse catholique de France, MJCF), « Courrier de Rome – Si si No no » (« mensuel d’informations religieuses, documents et commentaires », Versailles), « Le Chardonnet » (bulletin paroissial de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Paris)…
Le district belge édite le bimestriel « Pour qu’Il Règne ».
Couvertures du journal des lefebvristes de Belgique – Doc. RésistanceS.be
Sur Internet
Depuis l’ouverture d’Internet au grand public (vers 1995), la Fraternité a mis en ligne de nombreux sites. Les districts nationaux possèdent en général leur propre site. Son principal site Internet est celui de la « Maison Généralice » (réalisé par la direction internationale). Autres sites : « Séminaire International Saint-Pie X » (Ecône), « Le Combat catholique », les sites du Mouvement de la jeunesse catholique de France (MJCF) et de la Jeunesse du Christ-Roi (JCR, Suisse).
Journal électronique : « Documentations Informations Catholiques internationales » (DICI). Cet « organe de communication » est réalisé par la maison générale de la FSSPX. Officiellement, il « propose de donner un éclairage sur l’actualité dans l’Eglise ». En réalité, DICI vise à propager les orientations religieuses du mouvement lefebvriste.
[M.Az]
LES PRINCIPES DE BASE DU LEFEBVRISME
Au programme de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X de feu monseigneur Lefebvre : des messes traditionnelles en latin et le rêve de l’instauration d’une monarchie nationale-catholique pure et dure pour diriger le « peuple de Dieu »...
« Si la Fraternité a été fondée, c’est pour sauver le Saint Sacrifice de la Messe, et pour cela ; former de saints prêtres dans les bons séminaires fidèles à l’esprit traditionnel », rappelle l’abbé Jürgen Wegner, un des responsables de la FSSPX-Belgique dans son bimestriel, « Pour qu’Il Règne », du mois de mars-avril 2008. Jusqu’en en 1988, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, apparue 18 ans plus tôt, fait partie de l’Eglise catholique officielle. Après avoir ordonné, selon son propre rite traditionaliste, quatre évêques, le 30 juin 1988, monseigneur Lefebvre, le fondateur de la FSSPX, est excommunié, avec ceux-ci, par le pape Jean-Paul II. Le mouvement lefebvriste va alors se développer de façon autonome, jusqu’à son actuelle réintégration dans le giron du Vatican.
Communisme, « haute finance apatride »...
Pour les lefebvristes il n’y a qu’une seule religion : le catholicisme. Avec un seul dieu et un seul guide du nom de Jésus-Christ, qu’elle a érigé en véritable roi. « Pour qu’il règne sur la terre comme au ciel », cette fraction intégriste radicale issue de l’Eglise romaine mène un combat acharné contre l’œcuménisme.
Cette Fraternité dénonce avec acharnement les « mains tendues » par Jean-Paul II aux autres religions, qu’elle considère comme fausses. Le judaïsme, l’islam, le protestantisme, l’œcuménisme, la modernisation des pratiques religieuses catholiques… sont donc les cibles principales des lefebvristes. Dans leur « croisade », ils s’attaquent pêle-mêle, aujourd’hui encore, au communisme, aux idéaux de la Révolution française, à la franc-maçonnerie et à la « haute finance apatride » (terme codé pour désigner la soi-disant « Internationale juive », si chère aux antisémites de tous poils) qui complote contre l’Occident chrétien, selon leurs thèses obsessionnelles.
Etat national-catholique
Comme pour les fondamentalistes musulmans et juifs, la religion est pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X l’axe principal – la colonne vertébrale - de la société. L’Etat doit être exclusivement empreint de l’enseignement octroyé par l’institution religieuse. C’est pour cette raison qu’il faut mettre fin, au plus vite, à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Comme en Espagne et au Portugal à l’époque des dictateurs Franco et Salazar, les deux modèles idéaux d’Etat national-catholique pour le mouvement lefebvriste. Autres références : l’antisémite Charles Maurras et le Maréchal Pétain.
La guerre de 1940 n’est pas finie pour cette mouvance politico-religieuse traditionaliste. Qui dans ses écrits, ici et là, reprend encore le flambeau idéologique et la défense des collaborateurs catholiques pronazis.
[M.Az]
DE 1969 A NOS JOURS
Chronologie d’une histoire intégriste en Belgique
Un retour dans l’histoire de la Fraternité Saint-Pie X nous permet de prouver, une fois de plus, ses connexions intimes avec l’extrême droite belge et française.
29 novembre 1905
Naissance de Marcel Lefebvre.
1969
Après avoir milité dans les rangs de la Cité catholique, Marcel Lefebvre ouvre une « maison spirituelle » à Fribourg, en Suisse. La Cité catholique était une organisation traditionaliste visant au noyautage des élites. En Belgique, elle était soutenue par « Le Nouvel Europe magazine », le principal journal d’ultradroite de l’époque.
1970 (1er novembre)
Le prêtre intégriste, avec l’autorisation de sa hiérarchie, met sur pied la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), dans le diocèse de Fribourg. Le groupe politico-religieux s’installe à Ecône, dans le Valais suisse.
1971
Le mouvement lefebvriste s’installe en Belgique sous la forme d’une ASBL, les « Amis belges de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X ». Ses premiers partisans proviennent du CEPIC, l’aile d’ultra droite du Parti social-chrétien (PSC) proche de l’extrême droite. « Le Nouvel Europe magazine », journal de cette mouvance, va servir de tribune médiatique aux lefebvristes belges.
1972
Ouverture de la première chapelle belge. Marcel Lefebvre rencontre Bernard Antony (alias Romain Marie), le futur leader des intégristes catholiques du Front national français.
1973
Des fidèles de la FSSPX participent en Belgique à la création de Pro Vita. A la base de ce lobby anti-avortement, on retrouve une belle brochette d’extrémistes de droite, dont un ancien responsable de la propagande du parti fasciste d’avant-guerre Rex de Léon Degrelle. Pro Vita s’illustrera par la diffusion de pamphlets où l’antisémitisme sera au rendez-vous. Ghislain Van Houtte, ancien collaborateur pronazi et responsable inoxydable de Pro Vita, restera un pilier assidu de la Fraternité.
1974
Premières frictions avec le Vatican. Monseigneur Marcel Lefebvre affirme vouloir « refuser de suivre Rome dans la tendance néo-moderniste et néo-protestante clairement manifestée au cours de Vatican II ». Sa Fraternité publie ses positions religieuses dans une « Déclaration du 21 novembre 1974 ». A l’heure actuelle, cette dernière reste son manifeste de base.
1975
L’agrément canonique est retiré à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.
1976
Marcel Lefebvre est suspendu « a divinis ». Cette année-là, au cours d’une homélie à Lille devant 6.000 fidèles, il va prendre publiquement la défense de la sanglante dictature militaire alors en place en Argentine.
1977
Les lefebvristes occupent illégalement l’église parisienne Saint-Nicolas-du-Chardonnet. C’est toujours le cas en 2009.
« Le Nouvel Europe magazine », journal d’extrême droite, va servir de tribune médiatique aux lefebvristes en Belgique – Doc. : RésistanceS.be
1978
François Duprat est assassiné lors d’un mystérieux attentat (les auteurs de celui-ci n’ont toujours pas été identifiés à l’heure actuelle). Ce leader néonazi du FN français est enterré selon le rite traditionaliste des lefebvristes. L’office religieux se déroule dans leur fief parisien, à l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.
1979
La Fraternité ouvre à Ixelles, une commune bruxelloise, sa première « maison », qui prend le nom de Prieuré du Christ-Roi. Par la suite, des succursales lefebvristes seront installées à Anvers, Gand, Liège et Namur.
1982
Marcel Lefebvre passe la conduite de son mouvement à l’abbé allemand Schmidberger. Il est nommé pour une période de 12 ans et est secondé par l’abbé Paul Aulagnier. En 2001, ce dernier sera envoyé en Belgique pour y diriger le district local de la FSSPX.
1985
Dans l’édition du 3 avril de « Présent », quotidien des intégristes du Front national français menés par Bernard Antony (revoir 1972), Marcel Lefebvre apporte son soutien à Jean-Marie Le Pen.
1987
Gérald Wailliez, l’un des fondateurs du mouvement lefebvriste en Belgique, s’adresse à Daniel Féret, le président-fondateur du Front national belge, pour lui exprimer son soutien.
1988
En juillet, la FSSPX de Marcel Lefebvre est excommuniée par le Vatican pour avoir ordonné, le 30 juin de la même année, quatre évêques selon son rite.
En octobre, le district belge du mouvement lefebvriste organise une manifestation à Bruxelles contre la sortie de « La Dernière tentation du Christ », un film de Martin Scorsese jugé comme blasphématoire aux yeux des traditionalistes. Francesco Catania, du Parti libéral chrétien (fondé par des ex-CEPIC) et directeur-fondateur du mensuel « Le Cri du Citoyen » (où l’antisémitisme et le racisme anti-Arabes n’étaient jamais très loin), ainsi que des activistes néonazis du Parti des forces nouvelles (PFN) forment également le cortège intégriste. En France, des cinémas ayant programmé le dernier Scorsese seront victimes d’attentats commis par des commandos catholiques.
La même année, création à Liège de l’ASBL Belgique & Chrétienté. Tombée ensuite sous le contrôle d’Alain Escada, cette association traditionaliste se lancera dans une croisade exclusivement contre le « racisme anti-blanc » et le « racime anti-catholique ». Alain Escada est alors déjà un assidu des messes lefebvristes.
1989
L’ancien chef collaborationniste nazi français Paul Touvier, recherché depuis la fin de la Guerre 40-45, est retrouvé et arrêté par la police dans un couvent lié au mouvement lefebvriste. En 1994, il sera condamné par la justice française pour crimes contre l’humanité. Décédé le 17 juillet 1996, une messe d’hommage sera ensuite organisée pour Paul Touvier dans l’église lefebvriste parisienne Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Rien d’étonnant à cela : la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X considère les anciens collaborateurs des nazis comme ayant été des « croisés » de l’Occident chrétien contre le « bolchévisme athée ».
1990
Marcel Lefebvre est condamné en appel, le 21 mars, pour des propos anti-musulmans tenus en novembre 1989.
1991
Le 25 mars, le fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X meurt en Suisse.
1994
En avril, dans une chapelle qui fut proche des lefebvristes (1), située à Drogenbos (près de Bruxelles), un service religieux est célébré à la mémoire de l’ex-SS belge Léon Degrelle, décédé quelques jours auparavant en Espagne. Des anciens de la « Division SS Wallonie », des ex-collaborateurs, des jeunes nationalistes flamands et des membres du groupe néonazi l’Assaut y participent.
Aux élections communales du mois d’octobre, plusieurs fidèles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X sont élus sur des listes du Front national de Daniel Féret.
1995
Hugues Wailliez, fils de Gérald Wailliez (revoir 1987), est nommé vice-président du Front national belge. La même année, il devient également député fédéral pour ce parti d’extrême droite, dont le programme sera jugé plus tard raciste par la justice.
1996
Des dissidents du FN fondent un nouveau parti d’extrême droite : le Front nouveau de Belgique (FNB). Alain Escada devient son porte-parole. Président de Belgique & Chrétienté, ce dernier est un adepte inconditionnel de la FSSPX.
1997
Les vingt ans de l’installation des lefebvristes à Paris dans l’église de Saint-Nicolas-du-Chardonnet sont fêtés en grand pompe. L’extrême droite est présente à cet anniversaire. Bruno Gollnisch, le numéro deux du Front national français, figure en bonne place au sein des invités.
2001
Via la Fondation Japhet Sion, une association sans but lucratif, fondée en janvier pour servir de paravent, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X acquiert, pour plus d’un million d’euros, l’église Saint-Joseph. Situé au cœur du quartier européen de Bruxelles, ce lieu de culte était fréquenté jusqu’alors par la communauté immigrée syriaque-orthodoxe. Des recours judiciaires seront déposés par cette dernière pour tenter de récupérer son église. Sans succès.
2005
Le président du FN belge, Daniel Féret, dans un article consacré au décès de Jean-Paul II et à la désignation du nouveau pape, publié dans « Le National », l’organe mensuel de son parti, écrit : « Fallait-il (…) excommunier Monseigneur Lefèvre, les prêtres et les fidèles de sa Fraternité ? J’ai eu le privilège de déjeuner à deux reprises avec son successeur, Monseigneur Tissier de Malleret, et j’ai, à chaque fois, éprouvé le sentiment que j’avais, en face de moi, un saint homme. »
2008
Le 29 novembre, une nouvelle messe est dite, en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, en l’honneur d’anciens leaders du fascisme européen : le chef des Phalangistes José Antonio Primo de Rivera et le général Franco. La célébration religieuse est proposée par le Cercle franco-hispanique (dirigé par un ancien militant du parti Ordre nouveau) et promotionné notamment par « Synthèse Nationale », revue visant à la formation d’un « parti nationaliste et identitaire » pour remplacer le Front national, désormais considéré comme trop modéré...
[Manuel Abramowicz]
(1) Il s’agit de la Chapelle Notre-Dame du Rosaire, située à Drogenbos, dans la périphérie de Bruxelles. Connue pour son culte traditionaliste de type « mariste » et des conceptions liturgiques identiques à celles des lefebvristes, elle ne fait toutefois pas partie de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Agissant sous le statut d’une ASBL, la Chapelle Notre-Dame du Rosaire reconnaît l’autorité du pape. Elle rassemble des anciens de la branche belge de la Fraternité de Monseigneur Lefebvre. Son site Internet est repris par ailleurs dans la page « liens » du site « Saint Pie X », lié aux traditionalistes d’Ecône.
Les connexions avec l’extrême droite
LES CROISES DE L’OCCIDENT CHRETIEN
Les dignitaires de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X démentent tous liens avec le monde politique. A les en croire, leur but ne serait que spirituel. Pourtant, force est de constater que ce courant religieux catholique anime bel et bien, depuis sa création, un courant politico-religieux actif au sein de l’extrême droite. A ce niveau-là, la Belgique fournit des preuves irréfutables.
Collaborateurs pronazis flamands durant l’occupation de la Belgique. Aujourd’hui encore, ils sont considérés comme des « croisés » de l’Occident chrétien partis combattre le « Bolchévisme » – Image : Ridaf
« Je suis content d’être à Bruxelles, moi qui déteste la république et qui hais la démocratie ». Cette phrase terrible et significative d’une orientation politique radicale est extraite d’une interview de Paul Aulagnier, alors « Supérieur du district belge » de la FSSPX. Une interview exclusive accordée, en septembre 2001, à « Polémique-Info », un opuscule d’extrême droite catholique belge, aujourd’hui disparu, lié au mouvement lefebvriste.
Avec Paul Aulagnier (depuis lors victime d’une purge interne) et ses compagnons de croisades, la messe est bien dite, et pas seulement en latin, la langue usitée lors des offices religieux par ces traditionalistes. Un parfum bien idéologique se mélange aux dogmes catholiques les plus traditionnels ; et ce malgré les déclarations de bonnes intentions tenues à l’occasion d’interviews accordées aux médias. Avec le sourire en option, pour mieux masquer un discours rétrograde. A en croire ses représentants les plus illustres, la Fraternité en question serait « apolitique » et son message purement religieux. Info ou intox ?
Un agglomérat intégriste d’extrême droite
L’ex-dirigeant des lefebvristes de Belgique, Paul Aulagnier, répéta le discours bien tenu de son mouvement lors d’un entretien accordé, le 3 novembre 2001, à la chaine de télévision privée belge AB3. Une fois de plus, les capacités d’intoxication des intégristes seront mises en œuvre pour tromper l’opinion.
Dans l’ombre des projecteurs, cette Fraternité, groupe religieux dissident de l’Eglise catholique de 1988 à 2009, tient un autre langage. Et expose sa vrai nature. Pour s’en convaincre, il suffit de se plonger dans ses écrits « intra muros ». Ses orientations politiques sont alors très vite identifiables. Ils sont clairement situés à l’extrême droite de l’échiquier idéologique. Les principes élémentaires des droits de l’Homme et le système démocratique y sont royalement bannis. Fondée par un dignitaire religieux catholique en marge, monseigneur Marcel Lefebvre, la Fraternité Saint-Pie X est clairement liée à l’extrême droite.
En Belgique, ses liens avec ceux qui rêvent comme elle d’instaurer un régime d’Ordre nouveau, remontent à son apparition chez nous, au début des années 1970. Ses dirigeants-fondateurs proviennent de plusieurs officines politico-religieuses de droite chrétienne. Intégrées dans l’extrême droite de l’époque, ces officines forment une véritable chaîne. On y trouvait par exemple : l’Ordre du Rouvre (créé par des étudiants de l’Université catholique de Louvain), la ligue anti-avortement Pro Vita, le « Bulletin indépendant d’Information Catholique » (BIDIC, apparu en 1965), les correspondants belges de la Cité catholique de Jean Ousset et du journal antisémite « Lectures françaises », les éditions du Baucens, les « Cahiers Européens-Belgique »…
A la base de la FSSPX-Belgique : le « Bulletin indépendant d’Information Catholique » – Doc. : RésistanceS.be
En réalité, ces organisations et publications forment un même agglomérat intégriste agissant sous divers masques pour mieux tromper l’ennemi. Ensemble, sur différents fronts et visant différentes générations, leur objectif reste le renforcement des « forces nouvelles » pour sauver les valeurs de l’Occident chrétien. Durant près d’une décennie entière, un journal largement diffusé leur servira de tribune médiatique commune et de plaque tournante. C’est le « Le Nouvel Europe magazine », alors dirigé par Emile Lecerf, un ancien collaborateur de l’Institut culturel de la SS, durant l’occupation nazie de la Belgique.
Dans ce journal, le lecteur pouvait se procurer par correspondance les livres de monseigneur Lefebvre et ceux de son « église ». A la base de cette diffusion se trouvait 3A Diffusion. Cette maison d’édition wallonne publiait, au même moment, les discours politiques de Jean-Marie Le Pen et de Léon Degrelle, les chants de guerre des Phalanges libanaises ou ceux des jeunesses hitlériennes… Le responsable de 3A Diffusion, Arkady Arianoff (décédé le 5 décembre dernier), s’occupait par ailleurs de l’édition belge des « Cahiers Européens ». Cette publication française néonazie était dirigée en France par François Duprat, le leader de la tendance radicale du Front national lepéniste et meneur du « mouvement » négationniste. Après son étrange assassinat, en 1978, ce nostalgique de l’Allemagne hitlérienne sera enterré par les bons soins de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, comme d’autres néofascistes...
Comme ce bref rappel historique nous l’enseigne, au cours des années, les connexions fraternelles entre ce courant intégriste et l’extrême droite belge vont se renforcer. Et quand le Front national va apparaître en Belgique, en 1985, toujours à la recherche d’une expression politique pour défendre ses intérêts, le clan lefebvriste va lui apporter un soutien direct. Quelques exemples.
La Fraternité monte au Front
Le Front national va vite recevoir l’appui de plusieurs membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Un de ses dirigeants historiques, le magistrat militaire Gérald Wailliez (aujourd’hui à la retraite), prend directement contact, dès 1987, avec Daniel Féret, le président-fondateur de ce nouveau parti d’extrême droite. L’intégriste Wailliez veut apporter son soutien au FN, et surtout quelques conseils stratégiques pour qu’il puisse se développer dans le paysage politique et séduire l’électorat conservateur et catholique. Ensuite, plusieurs membres de la Fraternité vont adhérer au FN belge.
A la fin des années 1980 et au début des années 1990, les liens entre cette formation politique et la Fraternité sont, entre autres, entretenus via les activités culturelles organisées par « Racines et Civilisation », une association culturelle lefebvriste bruxelloise. Mais aussi via la ligue Pro Vita, le sommet de l’iceberg du lobby anti-IVG, dirigée par un fidèle de monseigneur Lefebvre qui s’était engagé dans la collaboration durant l’occupation nazie.
En 1995, l’un des fils de Gérald Wailliez, Hugues, reçoit de Daniel Féret la vice-présidence du FN. Il est ensuite élu député fédéral aux élections législatives. D’autres élus frontistes sont également issus de la Fraternité. Pour sceller sa fidélité à l’Eglise dissidente lefebvriste, Daniel Féret, prêt à tout, va aussi participer personnellement à ses manifestations publiques. Malgré un mode de vie en total contradiction avec les valeurs d’ordre moral prônées par ces compagnons traditionalistes. Mais dans leur milieu, l’hypocrisie et l’opportunisme font bon ménage… Les intégristes fermeront les yeux sur les quelques « péchés » répétés de leur disciple Féret.
Deux couvertures de « Polémique-Info », lié aux intégristes de la FSSPX-Belgique. Ce journal national-catholique a été édité de 1995 à 2000 par Alain Escada, l’actuel président de Belgique & Chrétienté – Doc. : RésistanceS.be
Par ailleurs, Daniel Féret n’est pas le seul atout politique des intégristes. D’autres militants d’extrême droite sont directement aux ordres des lefevbristes. C’est le cas d’un certain Alain Escada. Activiste politique de longue date, Escada s’illustre au fil des années comme l’un des principaux propagandistes d’ultradroite. Après un passage dans les rangs « belgicains », il lance en 1995 « Polémique-Info ». Ce journal confidentiel ouvrira ses colonnes à plusieurs rédacteurs de l’extrême droite pure et dure. En 1995, avec le groupe néonazi l’Assaut (dans lequel il y a des sympathisants du lefebvrisme), Escada rejoint la direction du Front nouveau de Belgique (FNB) pour en devenir son porte-parole officiel. A la suite de divers conflits internes (et d’une plainte déposée au sujet d’une mauvaise gestion de « Polémique-Info »), le jeune lefebvriste quitte le FNB pour se rapprocher, à nouveau, du Front national de Daniel Féret.
A plusieurs reprises, l’ex-patron de « Polémique-Info » se présentera comme un des porte-paroles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Ce fut le cas, en novembre 2001, lors de l’ouverture de son église Saint-Joseph, dans le quartier européen de Bruxelles. Dans le cadre de ses activités politico-religieuses, Alain Escada dirige encore l’association Belgique & Chrétienté. Via cette dernière, il tente de recruter des jeunes fidèles lefebvristes pour ses propres intérêts politiques. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde au sein de la FSSPX.
« Formé à l’école maurassienne »
Comme on peut le constater : les liens de cette Fraternité avec l’extrême droite sont évidents et nombreux. Ses partisans de base n’ont d’ailleurs jamais nié cet état de fait. En avril 1998, « Polémique-Info » d’Alain Escada mentionnait à propos de la Fraternité : « le combat des traditionalistes est bien évidemment celui de la droite nationale, toutes nuances confondues ». Le terme « droite nationale » est ici celui utilisé, dans un esprit « politiquement correct » par l’extrême droite pour s’auto-désigner.
Pour en revenir à l’abbé Aulagnier, cité au début de cet article, en plus de l’expression de ses sentiments monarchistes antidémocratiques, il exprimait en septembre 2001, toujours dans « Polémique-Info », au moment où il dirigeait le district de Belgique de la FSSPX, sa fierté d’avoir été « formé à l’école maurassienne », du nom de Charles Maurras, l’idéologue du « nationalisme intégral », dont l’axe central est le racisme et l’antisémitisme.
[M.Az]
A la source, l’Ordre nouveau vichyste
JEAN OUSSET, LE « PENSEUR » DU MOUVEMENT LEFEBVRISTE
L’un des principaux idéologues et stratèges politico-religieux de feu Marcel Lefebvre et de ses actuels dévots est un certain Jean Ousset. Un personnage inconnu de la grande histoire, qui marqua néanmoins la galaxie intégriste et la collaboration française pronazie.
Le Maréchal Pétain et son premier ministre Laval durant la Deuxième Guerre mondiale. Le régime vichyste d’Ordre nouveau est un modèle historique de référence pour la FSSPX.
Jean Ousset est, entre autres, à la base d’un plan stratégique théorisant à long terme la prise de contrôle de la France. Avec pour méthode préconisée : l’infiltration des élites (militaire, policière, politique et administrative, ainsi que la magistrature,). Jean Ousset reste toujours d’actualité chez les lefevbristes : le bulletin de liaison de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X de Belgique porte en effet le titre de son ouvrage de référence, « Pour qu’Il Règne ».
Légion française des combattants
C’est dans les années 1930 que l’on retrouve la trace politique de Jean Ousset. Il gravite dans le sillage de l’Action française, le mouvement national-royaliste animé par l’antisémite Charles Maurras. Durant la Deuxième Guerre mondiale, Ousset devient le « chef du bureau d’étude » de la Jeune Légion, un pseudopode de la Légion française des combattants (LFC), un des bras armés du régime de Vichy. Pour la petite histoire, un de ses collègues vichystes de l’époque se nomme… François Mitterrand.
Jean Ousset est l’auteur de deux livres respectivement publiés en 1943 et en 1944 : « Histoire et génie de la France » et « Fondement d’une doctrine ». Après la Guerre 40-45, il se retrouve parmi les dirigeants de la Cité catholique, que rejoindra un certain Marcel Lefebvre. Cette organisation héritière de l’Action française maurrassienne a pour objectif d’infiltrer les rouages de la République.
Des intégristes dans l’armée
« Comme la Cagoule (ndlr : un réseau terroriste d’extrême droite anti-Front populaire) avant la guerre, l’organisation de Ousset se fonde sur le noyautage des élites, seules capables de mener la reconquête d’une société en perdition », notent Sophie Coignard et Marie-Thérèse Guichard dans leur livre « Les Bonnes fréquentations : Histoire secrète des réseaux d’influence » (éditions Grasset, 1997). L’armée française sera ainsi « en grande partie formée par une officine intégriste ». Ce lobby intégriste catholique choisira par la suite un nouveau nom : ICTUS. Son dirigeant principal sera Jacques Trémollet de Villiers, l’ancien avocat du milicien nazi Paul Touvier, également « compagnon de route » de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.
Le journal de la branche belge du mouvement lefebvriste porte pour titre : « Pour qu’Il Règne ». Un titre identique à l’ouvrage préfacé par Marcel Lefebvre et écrit en 1949 par... Jean Ousset.
[Alexandre Vick]
Honneur à l’Ordre nouveau
LA MESSE LEFEBVRISTE EST DITE POUR LES MORTS FASCISTES
Dans son église parisienne, la Fraternité sacerdotale Sa int-Pie X organise des célébrations religieuses en l’honneur d’anciens dirigeants du fascisme européen de jadis, mais aussi pour des néonazis. Inventaire.
Des messes « en fidélité » ou « en l’honneur » ont été célébrées en l’église parisienne Saint-Nicolas-du-Chardonnet pour :
Le Général Franco
Le dictateur espagnol, de 1939 à 1975, est un des modèles politiques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Le 29 novembre 2008, le Cercle franco-hispanique, fondé par un ancien militant du parti Ordre nouveau, à la base de la création en 1972 du Front national français, proposait encore une messe en l’honneur du général Franco dans l’église parisienne occupée par les lefebvristes.
José Antonio Primo de Rivera
Des messes en son honneur ont encore été célébrées, le 30 novembre 2007 et le 29 novembre 2008, dans l’église parisienne de la FSSPX, toujours sous l’égide du Cercle franco-hispanique. José Antonio Primo de Rivera fut le chef national de la Falange Espanola de la JONS, le parti fasciste des années 1930 et pilier de la dictature franquiste.
Francisco Franco Bahamonde
« Chef d’Etat et Généralissime » de l’armée espagnole à l’époque franquiste, il est décédé à Madrid le 20 novembre 1975. Une messe en son honneur eut lieu le 30 novembre 2007 en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. A l’initiative de celle-ci : à nouveau le Cercle franco-hispanique.
Maurice Bardèche
Pronazi français, il va devenir après la guerre l’un des plus importants idéologues du néofascisme européen. Il fut également un négationniste acharné. En 1948, Maurice Bardèche publie « Nuremberg ou la Terre promise », un livre considéré comme le premier ouvrage visant à nier le génocide des Juifs commis par les hitlériens. Bardèche diffusera sa « pensée politique » dans « Défense de l’Occident », la revue de réflexion politique qu’il avait fondée en 1952 et qu’il dirigera jusqu’a sa disparition définitive en 1982. Sa revue favorisa l’unification de l’extrême droite française groupusculaire dans le Front national en 1972. Suite à sa mort le 30 juillet 1998, une messe en l’honneur de Maurice Bardèche eut lieu le 12 septembre 1998 en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.
Henri Coston
Antisémite des années 1930 jusqu’à son décès, il fut un collaborateur très actif dans la « chasse aux Juifs » durant l’occupation nazie de la France. Catholique traditionaliste, Henri Coston anima après la guerre 40-45 la mouvance national-catholique et théorisa diverses « thèses complotistes » nourrissant ainsi les fantasmes de l’extrême droite voyant la « haute finance vagabonde et anonyme » (les Juifs) partout. Lors de sa disparition, le 27 juillet 2001, des hommages lui seront également rendus, en Belgique, dans « Polémique-Info », journal d’Alain Escada, l’actuel dirigeant de l’association Belgique & Chrétienté, et fidèle de la Fraternité lefebvriste, et dans « Nation-Info », le mensuel du mouvement « identitaire » Nation, dont le dirigeant-fondateur est l’ancien leader du groupe néonazi L’Assaut.
Paul Touvier
Un des plus illustres collaborateurs français, il a entre autres été un des chefs régionaux de la Milice, force militaro-policière du régime dictatorial de Vichy et au service des nazis. Paul Touvier participe alors activement à la lutte contre les résistants et à la persécution des Juifs qui se cachent pour éviter la déportation vers les camps de la mort. Après la débâcle nazie, il va passer en clandestinité avec le soutien d’un réseau d’entraide catholique traditionaliste. L’ex-dirigeant milicien n’est arrêté qu’en 1989. Il se trouvait alors à Nice, dans un prieuré proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Conduit devant les tribunaux en 1994, il a été le premier Français condamné pour crimes contre l’humanité. Il mourut le 17 juillet 1996 à la prison de Fresnes. Huit jours plus tard, une messe sera célébrée en son honneur en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.
François Duprat
Idéologue français des néofascistes et autres néonazis négationnistes européens, François Duprat devient, dans les années 1970, le « numéro deux » du Front national français de Jean-Marie Le Pen, mais aussi le leader de son courant radical. Depuis son mystérieux assassinat, en 1978, il est toujours vénéré par l’extrême droite, belge comprise. François Duprat a été enterré selon le rite traditionaliste des lefebvristes, à l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.
[Manuel Abramowicz]
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