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EDITO
De la démocratique Mayence, où il est né
le 25 mars 1873, Rudolf Rocker garda toujours
une ancienne nostalgie, celle d’une
Allemagne possible, plus proche des idéaux
de la République universelle que du caporalisme
prussien. Cette ville, qui fêta en
libérateurs les troupes de Custine venues,
en 1792, porter outre-Rhin les idéaux de la
Grande Révolution, eut toujours, il est vrai,
un penchant pour la pensée rebelle. À en
croire Rocker, elle incarnait même un parfait
contrepoint à l’esprit de Postdam, la liberté
de conscience contre « le dressage de masse
et l’aveugle obéissance au cadavre ». Dire
que sa détestation du germanisme disciplinaire
fut un pur produit de terroir serait
sans doute exagéré, mais il fait peu de doute
qu’elle s’y enracina. Comme l’amour du vin
rhénan qui, sitôt goûté, ne le quitta plus.
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