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Accueil du site > ARTICLES > Ecole de La Bruyère : débat autour des badges pour la garderie
Article publié le 6 septembre 2008.

Le débat autour des « puces RFID » (c’est-à-dire lisibles sans contact), rebondit dans les écoles de La Bruyère, grâce à l’énergie d’un parent d’élèves. Le jeudi 4 septembre, lors de la réunion d’information annuelle qui s’est tenue à l’école, la question est bien entendu arrivée sur le tapis. A cette occasion l’échevin Olivier Nyssen a précisé qu’il ne s’agissait pas de puces mais... de badges.

Le débat autour des « puces RFID », c’est-à-dire lisibles sans contact, rebondit dans les écoles de La Bruyère, grâce à l’énergie d’un parent d’élèves. Le jeudi 4 septembre, lors de la réunion d’information annuelle qui s’est tenue à l’école, la question est bien entendu arrivée sur le tapis. A cette occasion, l’échevin Olivier Nyssen a précisé qu’il ne s’agissait pas de puces mais... de badges.

Flashback. « Le Soir » du 1er juillet dernier annonce que le 26 juin, le conseil communal de La Bruyère aurait décidé que dès la rentrée de septembre les 600 élèves qui fréquentent la garderie auraient désormais une puce électronique accrochée à leur cartable, destinée à être scannée pour enregistrer leur présence [1]. « A Voix Autre » avait dit son inquiétude face à l’introduction dans les écoles des nouvelles technologies intrusives, liées à la biométrie et aux puces RFID. (Lire notre article : « La RFID à l’école de La Bruyère - Dans le cartable : des cahiers et une puce électronique »)

Dans « Alerte aux puces », Enseignons.be a d’ailleurs fait écho à certains éléments que nous pointions. Ainsi, selon nous, par l’introduction de la RFID et de la biométrie, l’Ecole « participe sans le vouloir à l’acceptation progressive de l’enregistrement des mouvements des habitants, dès l’enfance, faisant ainsi le jeu des lobbies de l’électronique ». Et l’on sait que ces lobbies attachent une grande importance à la mise en contact rapide des enfants avec les nouvelles technologies, ainsi qu’en témoigne le « Livre bleu » du lobby Gixel destiné au gouvernement français (Lire ce texte d’anthologie sur le site des Big Brothers Awards).

D’après l’échevin de l’enseignement, Olivier Nyssen, « Le temps récupéré pourra être utilisé à des tâches pédagogiques et d’encadrement. » Selon « Vers l’Avenir », qui avait révélé l’information, l’équivalent d’un mi-temps devait être ainsi libéré pour d’autres activités pédagogiques. Ce cas vient souligner le manque de personnel éducatif et enseignant, résolu une fois encore par l’instauration d’une technologie qui est loin de faire l’unanimité.

Un parent d’élèves réagit

Face aux réactions molles du ministère de l’Enseignement obligatoire et des associations de parents, face au silence radio des organisations syndicales, on ne pouvait que souhaiter que les usagers s’emparent de cette question éthique. Et c’est ce qui s’est produit. Lors de la rentrée scolaire, Jean Louyest, « un parent d’élèves de l’école d’Emines, ni plus ni moins » a lancé un blog où il explique tout le mal qu’il pense d’un tel système. Et où il invite ceux qui le souhaitent à pétitionner auprès de l’échevin de l’enseignement. (http://puceslabruyere.skynetblogs.be)

Mais ce parent d’élèves ne s’est pas cantonné à cette démarche. Constatant que l’enregistrement électronique du temps passé par les enfants à la garderie de l’école « était passé quasi inaperçu » et que dès qu’il entamait la discussion sur le sujet « des yeux s’allumaient », il a décidé « d’informer un maximum de parents des enjeux qu[’il] estimai[t] importants autour de cette décision. Juste pour qu’ils aient eu le temps de s’informer pour pouvoir en débattre si besoin. La politique, c’est l’affaire de tous, encore faut-il être informé. »

Lors de la traditionnelle réunion de rentrée scolaire du 4 septembre, comme l’explique Jean Louyest, l’échevin Olivier Nyssen a décrit le système : « Pas de souci. Tout le monde est d’accord sur le principe : respecter le contrat avec la Communauté Française pour garder les subsides et éviter à quiconque un travail idiot d’encodage pour se concentrer sur le pédagogique. » Néanmoins, la situation s’est tendue lorsque la question des puces — qui se sont révélées être des badges — a été mise sur le tapis. « Certains ne veulent pas en entendre parler, d’autres veulent juste en éviter le contact avec leurs enfants, une autre partie ne voit pas le mal et le reste s’en fout. »

« Le Soir » rapporte que, parmi les opposants, une mère a déclaré : « Cela pose un problème éthique. Nous n’avons pas envie que nos enfants soient scannés comme du bétail. » Et qu’un père a enchaîné : « Habituer nos enfants dès le plus jeune âge à la présence de marquage électronique mène à la banalisation de ce procédé à long terme. » [2]

A ces arguments, l’échevin Olivier Nyssen a répliqué par un « Si vous n’êtes pas d’accord, pas de problème mais alors vous devrez payer plus car il faudra engager des personnes supplémentaires pour l’encodage. » D’après l’analyse du « Soir », cette petite phrase a suffi à faire réagir les partisans du badge, qui « ne voi[ent] pas en quoi c’est gênant de placer un badge sur le cartable [d’un] enfant ». [3]

« Un badge, pas une puce »

Un élément important — et différent des premières informations parues dans la presse (lire notamment les infos du « Soir », du « Vif » de la RTBF.be et de CanalC) [4] — a été exposé au cours de la réunion de rentrée. Le premier échevin a en effet tenu « à signaler qu’il s’agit d’un badge et non d’une puce. Les deux termes sont très différents. Ce badge ne contient qu’un numéro, qui ne correspond au nom et au prénom de l’élève que lorsqu’il est scanné par l’ordinateur portable », rapporte « Vers L’Avenir. » [5] Tout en nuance...

Résultat de ce débat important ? « Finalement les accueillantes proposent de conserver les badges des « récalcitrants », comme ça, les enfants ne les portent pas. Elles chercheront un moyen de classement efficace pour que ça ne leur prenne pas plus de temps. Ça semble convenir. On essaiera. », résume Jean Louyest.

La lutte de La Bruyère s’achève donc sur un demi-échec. D’une part le système des badges sera bel et bien appliqué dans toutes les écoles de La Bruyère, d’autre part il ne fait pas l’unanimité.

Notes

[1] Lire l’intégralité de l’article du Soir sur le site d’Ecolo : http://www.labruyere.ecolo.be/spip/spip.php ?article363

[2] « Le Soir » du 06/09/08

[3] « Le Soir » du 06/09/08

[4] Voir également le site d’Ecolo et l’article du Soir

[5] « Vers l’Avenir » du 06/09/08

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