Jack London, « Grève générale », éd. Libertalia, mai 2008, 108 p., 8 euros.
Dans « Le Rêve de Debs » et « Au sud de la Fente », deux nouvelles publiées en 1909, Jack London, alors au sommet de sa gloire, exprimait en un style direct et incisif son dégoût des possédants et son adhésion au socialisme révolutionnaire.
Dans « The Dream of Debs » (1909), une nouvelle d’anticipation, Jack London ranime le spectre de la grève générale. Un matin, les notables de San Francisco s’éveillent et se retrouvent confrontés à leur statut d’oisifs : plus de chauffeur, de cuisinier, de femme de ménage… À l’appel du syndicat, les ouvriers ont déclenché une grève interprofessionnelle illimitée. Bientôt, les vivres manquent et la détresse des possédants progresse. Mais l’armée veille au grain. La Révolution attendra…
Autre nouvelle rédigée en 1909, « South of the Slot » relate la vie de Freddie Drummond, un sociologue conformiste dont l’objet d’étude porte sur le monde ouvrier. Régulièrement, l’habitant des quartiers riches troque son costume pour le bleu de travail et devient « Big Bill », le camionneur syndicaliste. Cette « observation participante » lui permet de rédiger des ouvrages bien-pensants. Mais progressivement, Freddie glisse et se sent mieux dans cette société ouvrière où les rapports sont plus francs, où la solidarité n’est pas un vain mot… Nouvelle traduction.
Deux excellents textes, par l’auteur de « Martin Eden » et du « Talon de fer ».
Illustrations originales de Romuald Gleyse.
Préface de Noël Mauberret.
« Vous me rebattez les oreilles avec votre liberté de travailler. Tel est votre leitmotiv depuis des années. Les travailleurs ne commettent aucun crime en organisant cette grève générale. Ils ne violent aucune loi. Cessez de geindre, Hanover. Depuis trop longtemps, vous trompez le peuple. Vous avez opprimé la classe ouvrière en serrant la vis. Maintenant, c’est elle qui vous tient, elle serre à son tour, et vous poussez de grands cris […]. Combien de grèves avez-vous gagnées en réduisant les ouvriers à la famine ? Eh bien, les ouvriers ont trouvé le moyen de vous soumettre à leur tour. Et s’ils ne peuvent y arriver qu’en vous affamant, vous crèverez de faim, voilà tout ! »
« Le Rêve de Debs », Jack London.
