Stijn Calle, responsable des contacts avec la presse pour la section d’Eeklo du Vlaams Belang, a publié sur l’encyclopédie libre en ligne Wikipedia une liste de franc-maçons historiques et décédés ainsi que de franc-maçons vivants.
L’extrême droite n’a jamais cessé de pratiquer les méthodes nazies. Mais qui en doutait encore ?
Stijn Calle, responsable des contacts avec la presse pour la section d’Eeklo du Vlaams Belang, a publié sur le site de l’encyclopédie libre Wikipedia une liste de franc-maçons belges. Certains sont historiques et décédés mais d’autres sont bien vivants. C’est ce qu’a découvert Jiri Pragman, animateur du « Blog maçonnique ». (http://www.hiram.be)
« Pour certains, il n’y a pas de véritable révélation puisque des auteurs par exemple affirment leur appartenance, mais dans d’autres cas, notamment dans celui d’hommes et de femmes politiques, on constate bien une volonté manifeste de mettre sur la place publique une appartenance (ou prétendue telle) qui relève de la vie privée », souligne Jiri Pragman
Jeter le soupçon
L’objectif de Stijn Calle est clairement de nuire à la réputation des personnes épinglées. En établissant une liste, ce militant d’extrême droite laisse sous-entendre qu’il y aurait d’autres liens entre les personnes citées que leur hypothétique adhésion à la même société philosophique.
Non seulement des erreurs se sont glissées dans la liste (et nous n’aiderons pas à les corriger) mais le militant vébiste a enfreint la Constitution belge affirme dans son article 22 que « chacun a droit au respect de sa vie privée et familiale, sauf pour les cas et conditions fixés par la loi. » Pour un partisan musclé de la loi, voilà une contradiction...
Sous couvert d’information encylopédique, Stijn Calle entendait sans doute contourner le droit à la vie privée. Et espérait probablement utiliser une méthode fasciste sans trop éveiller l’esprit critique des lecteurs de Wikipedia, cette encyclopédie n’étant en rien favorable à l’extrême droite.
Comme en 40. Les vieilles méthodes de l’extrême droite
La Franc-Maçonnerie rassemble, sans distinction aucune, des hommes et des femmes qui cherchent à approfondir leur connaissance philosophique et, par là, à s’améliorer personnellement. Elle permet également, par des règles d’écoute et la discrétion, les débats sereins et francs sur des questions de société actuelles. Le tout se déroule dans un cadre rituel, imprégné du thème de la construction du temple de Salomon. Le but : promouvoir la liberté, l’égalité et la fraternité. Bref, pas de quoi fouetter un chat ; si ce n’est que, par leur discrétion, les franc-maçons ont toujours suscité la curiosité et les thèses les plus folles de complot, d’entente secrète… Des thèses qui ont trouvé un écho particulier chez les catholiques ultras, les fascistes et tous ceux dont les objectifs sont aux antipodes des idéaux de la Maçonnerie.
Comme le rappelle « La Libre » [1] « en rendant publiques dans la presse catholique à la veille de la Seconde Guerre les listes de membres supposés des ateliers – supposés : les maçons ne se dévoilent que s’ils estiment devoir le faire... – , les nazis et leurs séides ont pu arrêter rapidement les « frères » pendant le conflit. Une officine collaborationniste fut d’ailleurs créée à cet effet. Beaucoup de maçons résistants ont été déportés et sont morts dans les camps. » Et Jiri Pragman de rappeler que « cette forme d’identification s’est aussi étendue, ces dernières années aux personnalités juives actives dans la presse, question de faire accroire l’idée que les médias seraient aussi contrôlés. »
Les militants du Vlaams Belang n’ayant jamais renoncé aux méthodes et buts des nazis ;
Le droit à la vie privée étant un droit de l’Homme essentiel ;
La constitution de listes étant une première étape vers la discrimination et l’exclusion sociale, voire l’élimination physique ;
Les libertaires et les maçons ayant, par ailleurs, en commun le libre examen et la volonté de travailler à l’émancipation de l’Homme [2] ;
« A Voix Autre » apporte son soutien aux franc-maçons visés.