Cet été, en Suisse, une affiche scandaleuse de l’UDC était visible un peu partout dans le pays. Elle a inspiré les néo-nazis allemands du NPD, parti politique officiel.

Cet été, en Suisse, une affiche scandaleuse de l’UDC était visible un peu partout dans le pays. Elle a inspiré les néo-nazis allemands du NPD, parti politique officiel, pour leur campagne en vue des élections régionales de Hesse (centre-ouest) fin janvier. Réaction pleine d’indignation de l’UDC : « Nous n’avons aucun lien avec l’extrême-droite allemande », « Cela n’enchante guère mon parti. (...) Notre affiche a tout simplement été détournée ». Pourtant, cette affiche était apposée sans que le sens profond n’en soit changé, avec le même dessin xénophobe des plus explicites. Alors que trône sur les affiches de l’UDC suisse le slogan « Pour plus de sécurité », le NPD a inscrit : « Le social passe d’abord par le national ».
Ce n’est pas la première fois que l’UDC donne des idées aux partis d’extrême droite européens. Une initiative populaire « anti-minarets », par exemple, avait déjà été retenue, en Autriche, par l’ancien chef du FPÖ, Jörg Haider. Le contexte est néanmoins différent car cette affiche a quand même provoqué une forte réactions de la population, de la présidente, et avait même attiré l’attention (négative) du rapporteur contre le racisme du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le Sénégalais Doudou Diène. Ce dernier avait demandé, le 12 septembre, le retrait de l’affiche, qu’il estime de nature à « susciter la haine raciale et religieuse ».
Le message de l’UDC vise directement les migrants, et défend une « initiative populaire pour le renvoi des étrangers criminels ». Chiffres à l’appui, l’UDC affirme lutter pour « une Suisse sûre », soutenant que le pays « compte un nombre trop élevé d’étrangers qui abusent de notre hospitalité. Ils commettent des délits graves, menacent notre propriété et même notre intégrité physique et notre vie ». Rien que ça. Pourtant, une visite de 10 jours en Suisse n’a pas permis à des camarades de la Fédération anarchiste de croiser beaucoup d’« étrangers », même dans les « grandes » villes.
Un parti raciste et xénophobe
Cette affiche est à l’image du discours de l’UDC : raciste et xénophobe. Avec comme fond de commerce, la haine raciale et l’immigration, le premier parti suisse n’en est pas à sa première attaque. Dirigé par Christoph Blocher, au gouvernement depuis 2004, il joue sur la peur de l’étranger afin de rallier le plus d’électeurs en vue du prochain scrutin. Il propose l’expulsion systématique de tout immigré reconnu coupable d’un délit ou d’une infraction. Il y a quelques mois, le parti soumettait un projet de loi anti-minarets, à inscrire dans la Constitution. « Pour renforcer la culture chrétienne et occidentale et sauvegarder la paix religieuse, nous devons freiner la propagation de l’islam. Une interdiction des minarets est indispensable », affirmait le texte, qui a finalement été rejeté par le Parlement.
Depuis les dernières élections de 2003, l’UDC est le premier parti de suisse (26.7% des suffrages).
[Hélène]