Le 20 septembre, lors de la rentrée du parlement de la Communauté française, la ministre-présidente PS Marie Arena a appelé les partis francophones à « travailler ensemble sur un projet commun ». Elle a proposé la création d’une « Commission Wallonie-Bruxelles 2009 » afin de définir ce projet francophone.
Le 20 septembre, lors de la rentrée du parlement de la Communauté française, la ministre-présidente PS Marie Arena a appelé les partis francophones à « travailler ensemble sur un projet commun ». Elle a proposé la création d’une « Commission Wallonie-Bruxelles 2009 » afin de définir ce projet francophone.
Il y a fort à parier que, dans la crise actuelle, ce genre de proposition aura pour effet de hisser dans l’imaginaire collectif les idées de « nation » ou d’« Etat » francophone, des énormités régionalistes que l’on entend de plus en plus régulièrement. (Voir l’article : « Retour d’un gag. Van Cau et la Constitution wallonne »)
Les discussions sur le « projet francophone » s’avèrent dangereuses. Il est notamment à craindre que ce débat ne mène à des revendications semblables à celles votées par le Parlement flamand en 1999 (avec les conséquences que l’on sait) ; et qu’il radicalise les positions des uns et des autres.
Surenchère politicienne ?
Les socialistes, par la voix des ministres-présidents de la Communauté française, de la Région wallonne et de la Région bruxelloise (Arena, Demotte, Picqué), essayent-ils de reprendre le leadership dans le débat intrafrancophone ? En tout cas, les libéraux – vainqueurs aux élections de juin dernier – entendent bien garder la main. Ils ont d’ailleurs revendiqué la paternité de l’idée lancée par Marie Arena…
Curieux hasard du calendrier : alors que Marie Arena lançait son appel le 20 septembre, le président du MR, Didier Reynders, déclarait dans une interview à l’hebdomadaire « Le Vif » du 21 septembre qu’il se verrait bien « Premier ministre des francophones », c’est-à-dire à la tête d’un gouvernement rassemblant les Wallons et les Bruxellois…
Va-t-il y avoir un jeu de surenchère identitaire chez les francophones du fait de la rivalité entre PS et MR ? Va-t-on voir planer l’ombre d’un Etat francophone dans ce débat ? Espérons que non.
« L’identité francophone n’existe pas, tant mieux ! »
Ce n’est pas tous les jours qu’« A voix autre » cite un patron. Mais… Au cas où la fameuse « Commission Wallonie-Bruxelles 2009 » n’écouterait pas la société civile, à laquelle elle devrait être ouverte (selon Marie Arena), nous avons épinglé dans « Le Soir » les propos d’un homme de poids (économique). De quoi peut-être rafraîchir les idées. « L’identité francophone n’existe pas et elle n’est pas souhaitable », tranche Eric Domb, le président de l’Union wallonne des entreprises. « Partout où on se tape dessus, c’est pour des questions d’identité. Le gros problème de l’identité, c’est que tout ce qui relie les uns exclut les autres. Il n’y a pas d’identité francophone pas plus qu’il n’y a d’identité wallonne (prenez un Montois par rapport à un Carolo et un Liégeois, vous verrez). » Eric Domb redoute un chauvinisme qui nous ferait régresser et qui « encourager[ait] les plus excités de nos voisins flamands. En devenant presque leurs alliés objectifs pour découper le pays et se séparer. Renforcer ce qui se passe dans le Nord par un mimétisme stupide, par effet miroir de ce terrorisme identitaire, c’est la politique du pire. » Et de préciser dans « La Libre » : « Il suffit d’allumer sa radio ou de lire les journaux pour s’apercevoir que tous les conflits dans le monde sont précisément liés à des replis identitaires. »
Sources : « La Libre » du 21/09, « Le Soir » du 21/09 et « Le Soir » des 22 et 23/09