Réponses étranges des syndicats à la lettre envoyée cet été par le patron de la Poste, dans laquelle il se plaint de la hausse de l’absentéisme chez les travailleurs.
Il ne s’agit pas d’une carte postale. Dans une lettre envoyée cet été, Johnny Thijs, le patron de la Poste, se plaint de la hausse de l’absentéisme chez les travailleurs. Il dit vouloir ramener le taux de vilains carotteurs de 8,67% à 7%. « Confrontés à des abus manifestes, nous serons obligés de prendre toutes les mesures nécessaires. », dit-il. Un patron qui parle la langue des patrons, voilà qui rassure les lecteurs des pages économiques.
Riposte des syndicats : l’absentéisme est avant tout due aux restructurations incessantes et à la hausse de pression sur les travailleurs. « La productivité a progressé de 25% en cinq ans chez les facteurs. Les gens se voient fixer des objectifs inatteignables. Le nombre de dépression augmente. » Les syndicats jouent leur rôle tranquillement. Tout est paisible.
Tout est à sa place. Vraiment ? Quelle mouche capitaliste a donc piqué Jozef De Doncker, du syndicat socialiste ACOD pour qu’il déclare également : « Si la direction décide d’améliorer les contrôles nous y sommes favorables » ?
A moins que ce ne soit une insolation estivale qui ait frappé dans les rangs syndicaux. On s’y est effectivement cru tenu de préciser que le taux d’absentéisme est de 6,5% en Flandre tandis qu’il grimpe à 9,5 - 10% en Wallonie (avec des pointes jusqu’à 25% dans certains bureaux). Chatouiller, maintenant, le lion séparatiste flamand, relève du coup de soleil méchant ou de l’ânerie sévère.
On espère la raison socialiste revenue. Mais non. Après avoir souligné le nombre plus élevé d’agressions que les facteurs wallons ont dû subir, le délégué De Doncker se sent obligé d’ajouter que cette situation s’explique « aussi par une façon différente de voir la médecine. En Wallonie, les médecins ont tendance à donner plus de jours de congé. » En pleine tension communautaire, voilà qui fera rugir de plaisir les partis flamingants qui entendent régionaliser la Sécurité sociale. Chez les socialos d’ACOD, certains sont surmenés. Le camarade Jozef ferait bien de prendre un peu de congé...
Source : « Le Soir » du 17 août 2007