Sortons du Rang Social !
En avant, Marge !
Malgré plusieurs débrayages, la direction de
VW a réussi à contraindre les travailleurs de
l’usine de Forest à accepter une « économie » de
20% sur les coûts salariaux. Ce qui se concrétisera
par le passage de 35 à 38 heures/semaine.
Tel est le prix payé le 27 février par les
2.142 salariés restant pour bosser sur l’Audi
A1. Ecoeurant, lorsqu’on sait que le groupe VWAudi-
Skoda a doublé ses bénéfices. De 1,12 milliard
d’euros en 2005, ils sont passés à 2,75
milliards d’euros en 2006… Les actionnaires
peuvent compter leurs sous de long en marge.
Plus ça ira, plus un emploi – n’importe lequel
– sera une aubaine : c’est la dèche noire qui menace
ceux qui ne se soumettraient pas au dictat
du marché. La pauvreté frappe 10,7 % de la
population en Flandre et 17,5 % en Wallonie ;
soit un Belge sur sept. Etre pauvre, ça signifie
survivre avec moins de 822 euros par mois
pour une personne isolée ou moins de 1.726
euros par mois pour un ménage composé de
deux adultes et deux enfants. Sans la moindre
allocation, ce serait pas moins de 41,8 % de la
population qui subirait la pauvreté ! La société
capitaliste relègue toujours plus de monde dans
la marge.
A droite, alors que la tension sociale monte doucement,
on entonne le cantique du respect de
l’autorité, à la plus grande joie de ceux qui nous
aiment obéissants et résignés. Ce prêche nous
revient comme un écho au très ancien respect
des maîtres ; respect de la Patrie ; respect du
père, du prêtre et du patron ; respect de la loi,
de la croix et de la bannière… Les bons apôtres
de l’ordre moral se prennent à rêver d’une
Ecole qui serait la première étape de la mise au
pas des jeunes. Et ils ne parlent pas seulement
d’écrire sur les lignes et de tracer les fameux
3 cm de marge.
A gauche, la méthode est toujours la même :
plutôt que de s’attaquer aux causes, on préfère
traiter les effets. D’où l’apparition de dispositifs
pour résoudre la misère sociale à l’école. Il
en est ainsi du décret « inscriptions » de la ministre
de l’Enseignement Arena (PS), passé le 28
février au Parlement de la Communauté
française. Dès 2008, ce sera donc fini de
changer d’école à l’intérieur d’un cycle
deux ans en primaire et au début
du secondaire. Mais cela suffira-t-il
à offrir aux élèves une école proche
de leur domicile, vraiment de
qualité et socialement diversifiée
? Les socialistes de gouvernement
– même lorsqu’ils
sont courageux – permettent
le maintient de tout
le système compétitif et
sélectif, et la préservation
des privilèges de
ceux qui prétendent
nous diriger.
La question sociale
ne se règlera sans
doute que par la mise
en place de l’autogestion
et le partage
des richesses. Nous
n’aurons que ce que
nous créerons. En
avant, même si, de
l’espoir à la réalité, il
y a encore un peu de
marge.
Comme aurait dit Prévert : « En entendant parler
d’une société sans classes, l’enfant rêve d’un monde buissonnier. »