L’Oxford Research Group, un organisme indépendant de réflexion sur les questions de sécurité internationale, estime que la promotion de l’énergie nucléaire comme solution au réchauffement climatique est peu judicieuse et pourrait aboutir à des conséquences extrêmement dangereuses pour la sécurité mondiale.
Dans un rapport intitulé "Energie sûre ? Nucléaire civil, sécurité et réchauffement climatique", l’Oxford Research Group affirme cependant que l’uranium nécessaire à ce processus n’est pas disponible en quantité suffisante sur la planète et que les puissances nucléaires seront donc tentées de retraiter du combustible nucléaire pour obtenir du plutonium.
« Une multiplication des activités de retraitement et le commerce international de matériau à usage militaire qui en résulterait augmenteraient les occasions pour les Etats, les organisations criminelles et les terroristes d’acquérir du matériau à usage militaire » souligne ce rapport.
Dans une préface à ce document, l’ancien ministre allemand de l’Environnement et de la Sécurité nucléaire Jürgen Trittin écrit que le développement de l’énergie nucléaire conduira automatiquement à une prolifération menaçant la sécurité internationale.
« L’une des pires idées, largement répandue dans le débat international, est l’appel en faveur d’un développement de l’énergie nucléaire comme moyen de préservation du climat », écrit Trittin. « Cette recommandation est un exemple parfait de lutte contre un risque par le biais d’un risque encore plus élevé. Les risques liés à la prolifération et au terrorisme nucléaire aussi bien par des Etats que par des acteurs non étatiques sont tout simplement incontrôlables ».
Des risques incontrôlables
Outre cet aspect, l’extraction et la purification de l’uranium contribuent à l’émission de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, même si les centrales nucléaires en émettent peu elles-mêmes, et il faudrait construire des milliers de réacteurs pour obtenir un effet significatif sur le changement climatique, relève l’Oxford Research Group.
Les énergies renouvelables comme l’éolien, le solaire ou l’hydraulique sont moins polluantes, notamment au regard du danger posé à très long terme par les déchets nucléaires, et moins risquées en terme de sécurité.
Seuls quelques pays, notamment la France, la Grande-Bretagne et le Japon, retraitent actuellement du combustible nucléaire. Une explosion de la demande d’énergie nucléaire pourrait cependant entraîner un brusque développement de ces activités dans le monde et déborder les procédures de contrôle, prévient le rapport de l’Oxford Research Group.
Parallèlement, le réchauffement climatique risque de provoquer des inondations, des famines et d’autres perturbations favorisant l’instabilité politique dans les zones les plus vulnérables.
« L’énergie nucléaire ne peut pas apporter une contribution importante à la réduction mondiale des émissions de dioxyde de carbone, tandis que ses effets sur l’insécurité mondiale et les risques de conflits catastrophiques et de terrorisme sont parfaitement connus » conclut ce rapport.
« C’est exactement ce que nous répétons à longueur de temps : le nucléaire est la mauvaise solution pour lutter contre les changements climatiques. Nous avons d’ailleurs publié un scénario [R]évolution énergétique, qui démontre qu’il est possible de réduire les émissions planétaires de CO2 de 50% d’ici 2050, tout en tenant compte de la croissance économique mondiale. Ce scénario est basé sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Il substitue aux énergies fossiles des énergies renouvelables, évite les fausses solutions technologiques et utopiques comme le nucléaire ou le charbon prétendument " propre " mais aussi les technologies de capture et de séquestration de carbone » explique Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace.
Consulter le rarpport en anglais
Source :
Greenpeace France